24 février 2007
Lookin' at you, Kid
Le bien/pas bien du jour.
The Good German est à éviter. Ouais ouais, c'était prévisible, rien que l'affiche était programmatique du style "tribute to", "nostalgie mon amour" et compagnie.
Pitch en trois lignes : film de Soderbergh, avec Clooney (comme d'hab), Tobey Maguire, et Cate Blanchett. Berlin, 1945. Dans la ville fraîchement occupée par les Alliés, blablabla.
Au début c'est marrant, et même franchement bien fait. Le générique d'ouverture a son côté vieux film des années 50, et du coup, c'est des hommages comme on aime en avoir. Là encore, élément déterminant, ça, le générique. Parce que faire un générique à l'ancienne, c'est aussi plaisant que le panneau "Shaw Brothers" en ouverture de Kill Bill. Mais quand je dis "au début", comprendre "pendant les 5 premières minutes". Après c'est trop. On tombe dans l'exercice de style qui n'a d'autre fin en soi que lui-même. Et c'est agaçant au possible. Il faut jouer avec les références, pas les exhiber en disant "j'ai de la culture, voyez?". A la limite, ça marche si ladite culture est un peu underground tendance "on est peu sur le coup". Mais la référence à Casablanca et au Troisième Homme, on a vu plus ésothérique quand on fait un film sur l'immédiate après-guerre et la gestion d'une occupation. Agaçant, vous dis-je. Blanchett est belle, encore plus Katharine-Hepburnesque que dans Aviator, c'est dire si elle est pas née à la bonne époque. Mais énervante. Clooney est fade. Maguire pas assez présent, remarquez que comme il était à deux doigts du surjouage, tant mieux. En clair : gros problème de direction d'acteurs. Esthétisant à mort. C'est le défaut de Soderbergh, à la base, l'écueil que parfois il arrive à éviter (Ocean's... qu'il est fort sur ce coup-là). Là, il nage, nan, il se noie dedans. En gros, image léchée, magnifique, il se regarde filmer (réminiscence de Trafic, si j'ose dire). Noir et blanc pour dire "attention années 50 oblige". Personnage ambigu mais qu'on comprend de Tobey Maguire pour dire "Le Troisième Homme, c'est quand même la matrice de tout film se passant dans les territoires occupés par les Alliés après la chute du Reich". Et la fin, c'est le ponpon. Cate Blanchett avec un borsalino, qui dit adieu à George Clooney, avant de monter dans un avion... Je regrette mais non. On attendrait presque un commissaire franchouillard qui viendrait lui dire "ramassez les suspects habituels, c'est le début d'une belle amitié". Sauf qu'il est pas français, il est américain ici... Et d'autant plus dommage que vraiment, même si à la base, il en a la carrure, Clooney n'est vraiment pas Bogart. Pas dans ce film en tous cas. En somme, Soderbergh, il a vu la Cité de la Peur et la scène "C'est EMILE le tueur", c'est devenu un manifeste cinématographique pour lui. Agaçant.
Echec complet de Soderbergh, y a pas, il est vraiment en perte de vitesse.
Quelle solution pour Steven? Tout simplement demander une leçon de cinéma à Paul Verhoeven. S'il ne devait rester qu'un film sur la guerre et les occupations successives, ce serait le sien. Black Book, c'est classe.

Ceci est un bon film.
Pitch en trois lignes : film de Paul Verhoeven, avec Carice Van Houten et... on s'en fout, on les connaît pas. Amsterdam pendant l'Occupation allemande, puis l'occupation des Alliés, dans l'immédiate après-guerre. Le destin d'une blablabla.
Simple, sans fioritures, sans moralisation, et sans nombrilisme. Verhoeven n'a pas fait son film en noir et blanc. Verhoeven a fait un film en néerlandais et en allemand (le vrai titre du film étant Zwartboek). Verhoeven a fait un film avec des acteurs inconnus et sur un sujet très très difficile (mais pourtant très similaire à Good German). Verhoeven ne singe pas les grands films sur le sujet. Il se met à leur niveau. Welles aurait adoré Zwartboek. Notez au passage avec quel aplomb je me la joue meuf qui connaît tellement bien Welles alors que non trop pas... Verhoeven n'a pas choisi la facilité. Et il s'en sort comme un maître de sobriété, de raconteur, de directeur d'acteurs. Une merveille.
Exemple : à ma droite, Cate Blanchett, judaïsante qui dit avec emphase "but I'm still alive", des sanglots dans la voix, un regard désemparé-euh de Clooney pour signifier "putain elle se sent coupable, mais c'est pas sa fauteuh". A ma gauche, on a Carice Van Houten qui voit tomber sous ses yeux sa famille. Mais y a pas de musique. Pas de larmes. Des cadavres. Puis elle qui se cache parce que juste elle est morte de peur. Old school tendance actor's studio made in USA vs. cynisme et sobriété, en somme.
Franchement, à ce jour, c'est le meilleur film que j'ai vu depuis septembre. Voire le meilleur sur tout 2006. De loin, en fait.
La semaine prochaine, je vous ferai un bien/pas bien pour vous expliquer pourquoi le RnB c'est plus ce que c'était (d'un point de vue clipesque).
EDIT à toutes fins utiles : je me suis ENDORMIE pendant Good German, oui monsieur oui madame. Black Book, j'étais au premier rang, j'ai chopé un torticolis et tout, mais j'étais presque debout sur mon siège tellement c'est rythmé et bien. Merde, endormie, quoi. La seule fois où ça me l'a fait, c'était pour Brazil en salle Kantor, mais c'était le lendemain de la soirée d'intégration en 2e année celle où on était allés chercher des croque-monsieur au dépot de pain à 6h du mat'. Merde quoi.
14 février 2007
Oh my darling, oh my darling
Aujourd'hui c'est la fête. C'est dans l'air. La preuve, Cody (Machin Chokaki, qui vaut pas Michael Bergin, une vraie bombe) s'est mis avec Lani (Carmen Electra) dans la rediff Baywatch du jour, si c'est pas de l'amour. Justin a été acoquiné à la sémillante Jessica Biel (vue dans Massacre à la Tronçonneuse et les Lois de l'Attraction), après l'avoir été avec l'ultime Scarlett Johannson. Ca sémille, ça frivole, ça agape, tout ça. Nécessairement...
Pitch historique.
La Saint Valentin.
- Etape 1 : c'est une question de saison.
Et d'hormones. De la même manière que le poivre est aphrodisiaque parce qu'il donne chaud. Le retour des beaux jours fait se déshabiller.
Dans l'Antiquité, le milieu du mois de février était précocement associé à la fertilité (notons qu'ils étaient fort, j'ai toujours mes règles, mi-février). Le début du printemps, certes, ça peut surprendre, mais n'oublions pas que dans l'Antiquité, les gens avaient un régime crétois parfait, se baignaient dans la Méditerranée régulièrement et que l'Anticyclone des Açores était forcément plus présent dans "le monde" que sur l'ensemble du Cotentin, vu que le monde, pour eux, est situé dans une aire de peuplement allant de Hassi Messaoud (pour une limite méridionale) à Roanne environ (pour une limite septentrionale extrême - univers mental, n'est-ce pas). Normal donc. C'est d'ailleurs pour ça que, de nos jours encore, il est plus fortement conseillé de se rendre dans ces régions autour des mois d'avril-mai, plutôt qu'en juillet-août.
- Etape 2 : à quel saint se vouer?
Qui dit printemps, dit a/ avoir ses fleurs (ça c'est pour moi, avec le fric de mes cours penser à me faire faire une hystérectomie), b/ être en fleur. On s'appuie sur un emblème, d'où création du personnage fort, du saint protecteur en ces temps de piété toute prétridentine. Et on retrouve le schéma classique du fonds païen sur lequel se greffe du chrétien puis du Coca-Cola, schéma dont le cas d'école le plus probant à ce jour reste Noël. A ceci près qu'ici, c'est plus Ferrero que Coca qui fait son beurre. Pardon, je m'égare, je reviens à ma diachronie d'origine.
Le Moyen-Age (qui ose dire que le Moyen-Age c'est pas funky, ils ont tout trouvé bordel de merde). Création de l'histoire. Martyre supposé de Valentin (qui du coup était un Martyr, et on dit merci qui pour le blog qui fait des reprécisions orthographiques?) pour avoir organisé secrètement des mariages pour les soldats romains, alors qu'ils avaient pas le droit. Il aurait été buté et avant la mort aurait glissé un billet doux à la fille du geôlier. Ce que j'en retiens, moi, c'est que, plus qu'un lover, Valentin était avant tout un homme de goût. Il avait compris que laisser en plan une fille, c'est mal mal mal. Y a pas à dire, c'est les meilleurs qui nous quittent en premier.
La vérité, c'est que des Saint Valentin, y en a au moins trois, deux ritalos, un maghrébin, et on sait rien sur eux, si ce n'est que leurs origines permettent de comprendre beaucoup de choses quant aux moeurs de leurs compatriotes quand on se rend dans leur pays. Que la nana qui ne s'est jamais senti être un boudin ultime de retour en France après 3 semaines à être dévisagée à Casa/Milan/Tizi (pensée émue perso)/Hammamet/Gallipoli me jette la première pierre.
- Etape 3 : "be my valentine"/ "éh la Suzette! s'tu voulions ben êt'ma galante"...
Une légende est donc inventée et popularisée à partir du XIVe siècle, notamment par des poètes anglais et français à partir de laquelle il devient traditionnel de faire parvenir un "valentin" à son aimée. Voilà. Donc, chose à laquelle vous vous attendez pas, bandes d'aigris célibattants et de mielleux ennamourés : c'est une fête de célibataires.
Beh oui. C'est pas la fête d'un couple, puisqu'il y a pas besoin, à la base, que Matéo qui habite avec Adé depuis 3 ans dans un 2 pièces métro Lourmel lui fasse la surprise immense d'un "tu me plais bien, dis-donc". En fait, il s'agit d'une fête pour que les jeunes filles célibataires ne le soient plus. Dans les villages paumés de la Creuse au XVIIe siècle, ça pouvait ressembler à un genre de cache-cache homme/femmes pour se trouver un mari (magnifique idée scénar' pour un porno, soit dit en passant). Sinon, globalement, la principale tradition, c'était d'envoyer un billet doux anonyme, en guise de préliminaire à une parade nuptiale qui s'étendrait sur l'année, selon la base suivante:
- Mode d'emploi à l'usage des hommes : envoyer un valentin le 14 février. Anonyme. Commencer à repérer des lieux de mariage sympas pour la fin de l'année.
- Mode d'emploi à l'usage des femmes : dès la réception du valentin, prévenir papa pour qu'il commence à faire des économies de bout de chandelle en vue d'un mariage sympa pour la fin de l'année.
En ce qui me concerne, je vois pas de quoi je me plains, je viens de recevoir une touchante déclaration de fan_de_cuni@hotmail.fr, qui dit vouloir "discuter avec des filles plutôt coquines et sans prise de tête". Notons que je me demande où il apparaît que je suis coquine (le premier qui trouve un vrai post de cul sur ce blog gagne une blague carambar, je suis pas avare de cadeaux, moi). Ensuite, j'aimerais savoir quelles lèvres précisément il voudrait voir s'animer, enfin bref. Là n'est pas la question.
EDIT : DEUX valentins, pas un mais DEUX!!! Merci Wil!
Voilà globalement pour aujourd'hui. Après ça s'est développé, Mon Chéri et Interflora ayant besoin de fric, the rest, as they say, is history.
- Etape 4 : célébrer l'amour?
Voici la love story du jour.
C'est une histoire touchante.
Il était une fois Salvador Dali. "Disney et Dali s'associent pour un film bizarre" titrent les journaux en 1946.
Il faut toujours de la musique mielleuse et mélancolique pour réussir une histoire d'amour. Sur une chanson banale, choisie par Disney, Dali essaie d'imager l'amour d'une danseuse étoile pour un joueur de baseball. Une histoire d'amour impossible comme on en voit dans les salles de cinéma. Du love at first sight, une histoire d'amour qui fait perdre la tête. Mais pourtant, l'histoire d'un échec. Une histoire inachevée, ratée, de deux destins qui n'ont pas su se rencontrer. Mais une belle histoire d'amour quand même. Et il fallait bien une histoire d'amour aujourd'hui. C'est la Saint Valentin.
09 février 2007
vous êtes bien urbains
Bon, histoire d'animer un peu le blougue qui, en l'absence de sa chef Chef oui Chef aurait tendance à dépérir, et ce, même si bande d'emplumés vous ne serez que trois perdus à lire et réagir, aujourd'hui : activité 'aga'dons des tophs prises par mes nyfesques soins et que d'aucuns happy few auront déjà matouillées. Donc quelques extraits de coins urbains anglophones de type brooklynois et londoniens - c'est sympa, c'est tendance, c'est urbain, c'est créatif et coloré, c'est funky time.
First
Brooklyn par un petit matin frais de décembre.
Esprit doudounes au rendez-vous. New York Pizza, je l'aurai donc finalement fait ce bout de post sur NY.
Then
Southbank par une plaisante après-midi d'automne. Des skaters skatant en toute célérité et jeunesse.
or
Les passants passants - au même endroit. Sympa aussi.
And
Toujours Southbank, mais version nature et béton.
Finally,
London par un week-end d'hiver - vers Oxford street mais pas tout à fait. Du bel oeuvre.
21 janvier 2007
Angéliques naïades.
Dans la rediffusion du jour d'Alerte à Malibu, on a pu assister à un de ces moments d'anthologie qui font qu'on est content d'avoir glandé tous ses samedi après-midi devant la télé, plutôt qu'aller voir le frangin jouer son match de Handball contre Vélizy. De ces moments dont on ne se délecte vraiment qu'en ayant la profondeur culturelle et temporelle nécessaire pour comprendre. Comprendre quoi? Que les scénaristes de la série ne pouvaient survivre en créant cette bouse qu'avec une dose d'acides capable d'atrophier les facultés motrices d'un mammouth.
Je m'explique.
Dans l'épisode du jour, donc, saison 4* :
Logan (le "bien charpenté" d'après ma soeur, je la crois, elle avait 16 ans au moment de la première diffusion, et elle était déjà blonde en plus) et Stéphanie (la moche**) se sont attirés la haine d'un très très méchant qui est atteint d'une double centuple personnalité. Ils déconnent pas avec les méchants les scénaristes : à Baywatch Prod., quand ils créent un méchant, il est vraiment très très pas bien. D'ailleurs, c'est pas que les gens soient foncièrement mauvais à la base. C'est juste qu'ils sont fous. Donc hors du corps social, c'est bon pour le message, j'espère que vous carrez. Alors on a soit le méchant vilain, celui qui commet un méfait et se barre en ayant un rire sardonique (un peu comme dans la VF de Nicky Larson), soit le méchant bouffon, celui qu'on démasque vite, mais qui du coup donne lieu à des sortes d'exercices de style. Et ça, l'exercice de style dans une série mauvaise... C'est-à-dire que là, le méchant ne parlait qu'en citations de films, façon interview d'Yves Lecoq à NPA. Crispant. Dans un fantasme inassouvi, Caroline (Yasmine, la nana qui court bien)
imagine qu'elle, sa soeur (la moche) et C.J. (Pamela, la nana qui
flotte bien) sont en fait les Drôles de Dames, aka Jill, Kelly et
Sabrina. Quand une série de playmates rencontre une autre série de
playmates... deuxième exercice de style (et maintien du scepticisme : l'exercice de style dans une série mauvaise...)
Ca me rappelle la fois où la série s'était auto-parodiée avec une mise en abyme d'une subtilité toute relative : un producteur véreux de Hollywood se promène à Venice Beach et observe ébahi Mitch et ses amis sauver tout plein de monde de la noyade. Il décide d'en faire une série. Or qui dit "mise à l'écran", dit "glamorisation", c'est l'évidence même, alors on travestit la réalité. Rappelons que la réalité de référence, ici, C'EST Alerte à Malibu. Bref, là où ça chie, c'est que finalement, on voyait assez peu la différence entre le supposé réel et le supposé fictif. A moins d'avoir voulu nous véhiculer un message du type "on peut encore faire pire", mais là, c'était limite programmatique des 5 saisons à venir. Pour accentuer la caricature, nos scénaristes avaient même poussé le vice jusqu'à rendre, dans cet épisode uniquement, la vie des sauveteurs de Malibu un peu plus réelle à base de "eux aussi, ils vont pisser entre deux plongeons dans le Pacifique, comme des vrais gens de la vraie vie" (c'est mal si à ce stade de ma démonstration je vous dis que j'adore pisser dans la mer?).
Eh bien pour le Celebrity Deathmatch "Charlie's Angels vs. Baywatch", les scénaristes ont usé du même stratagème. Après tout, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs choux, n'est-ce pas. Ainsi, pour accentuer le décalage C.J./Jill Munroe, ils ont mis un poulpe mort en lieu et place de cheveux sur la tête de Pamela Anderson quand elle joue C.J., la vraie fille de la vraie vie qui se fait vraiment des journées de boulot atroces (pires qu'une femme de ménage mexicaine), pour maintenir une illusion de négligé, donc. Notons que cet effort -louable- est complètement sabordé par la perfection de brillance brunette qu'est la chevelure de Yasmine Bleeth (rappelons qu'un sauveteur en mer, surtout à Malibu, doit aller tous les jours dans la mer, sauver d'une noyade terrifiante un surfeur/une enfant/un jeune inconscient qui a trop bu, et que le sel a rarement engendré le cheveu soyeux, en tous cas pas chez moi). Bref. Du coup, quand on voit Pamela Anderson singer Farrah Fawcett et son brushing sur rouleaux (qu'on regrette avec amertume pour le coup), on se dit "ah nan mais trop pas pareil, trop kitsh, les drôles de dames". Sont malins, hein? De son côté, Yasmine Bleeth serait un sosie de Jaclyn Smith, et enfin, Alexandra Paul (la moche) ressemblerait à s'y méprendre à Kate Jackson, aka Sabrina (la moche, elle aussi***). Et là, moment grandiose, nos sémillantes actrices se prennent au jeu de la parodie (sachant qu'elles n'ont pas précisément fait l'actor's studio). Affublées de pantalons pates d'ef et de chemises col pelle à tarte, elles font face à leurs doubles des années 90, en ayant l'air de greluches qui ne pensent qu'à se remaquiller, à glousser comme des morues lorsqu'elles parlent à Charlie et à faire une moue dite "15 bucks a BJ" quand elles font mine de réfléchir. Histoire d'accentuer la charge superficielle de Charlie's Angels et de dire que dépenaillées, elles sont carrément plus crédibles et plus au fait de la réalité de l'américain moyen. Là encore, faut-il y voir une mise en garde de type "on peut faire pire"?

La VO.

Baywatch Angels, pouffes sur papier, 1996.
Je me suis demandé si à la limite, il n'y avait pas comme un "tribute to" dans la démarche, une filiation assumée, surtout quand on sait le parallélisme évident au niveau des affinités de Farrah Fawcett et des "sirènes" de Malibu avec Hugh Heffner... Une façon d'enraciner l'érotisme bon marché et tous publics dans un héritage télévisuel plus ancien, en somme. Après, je me suis demandé si j'en faisais pas un peu trop. La morale de l'histoire, au final, c'est qu'au-delà du rêve de Caroline, les vraies sirènes de Malibu parviennent à sauver Logan "bien charpenté" Fowler des griffes du méchant. Que la réalité est à la hauteur du fantasme, que même les métiers les plus anodins, les plus "dans l'ombre" (rappelez-vous le générique, I'll be Ready****) recèlent une part d'héroïsme. Et que nos rêves, il ne tient qu'à nous de les sublimer pour les réaliser. Car oui, même si c'est pas la première chose qu'on remarque, Alerte à Malibu, en fait, c'est la série la plus moralisatrice du monde.
Voilà.
Sous acides, je vous dis.
C'était un moment alarmant et surréaliste pour moi, et je voulais vous le faire partager. Sinon, j'aurais voulu ajouter que ces visionnages de brushings terrifiants m'ont fait prendre conscience 1/du danger encouru par mes cheveux si je faisais pas vite quelque chose, 2/que mes ambitions de permanente méritent un deuxième examen. Par ailleurs, je voulais dire que le gommage pour le corps Caudalie est une bénédiction. Il est même mieux que la gamme raisin rouge de l'Occitane. Enfin, j'aurais aimé finir en disant, au risque d'avoir l'air un brin obsessionnelle, que j'ai tenté les chewing-gum menthe fraîche cette fois-ci. Et ça me donne quand même la gerbe. Je suis inquiète pour mon métabolisme.
Maintenant, comme j'ai pas mal élucubré, et qu'il est mine de rien bien tard dans la nuit, j'ai envie de paraphraser notre bien aimé VGE en 1981 :
"Au revoir."
*après la période Erika Eleniak, mais avant la période Carmen Electra/Traci Bingham/Donna d'Errico, pendant le règne de Pam, à l'époque où son crédit générique a pris une sobriété inversement proportionnelle à son décolleté, en passant de Pamela Denise Anderson à Pamela Lee.
** selon les critères consacrés par la série, à savoir le taux de remplissage du maillot de bain. Or, et c'est bien connu, plus le maillot de bain est une pièce, et plus les seins sont naturels, plus ces derniers sont aplatis par le premier. De plus, plus les cheveux sont courts, moins ils ont de chances d'être au vent. Dans un pays très à cheval sur les quotas, il fallait quelqu'un pour faire la "moche intelligente". Ils ont donc pris une jolie gourde. Mais à côté des autres, c'est vrai qu'on jurerait voir Einstein.
***voir note précédente
****Some people stand in the darkness, afraid to step intooooo the light, pour les inexacts yaourtophiles qui nous lisent (et ils sont nombreux j'en suis sûre). Notons que le texte du générique est sans doute la première preuve d'humour profond des concepteurs de la série.
12 janvier 2007
Gimme a head with hair...
Bon, depuis mon post moisi de cette nuit que j'ai même pas pu effacer pour cause de boug d'internet, je me suis calmée. Et puis ça permet de vivre des expériences du paranormal. Vous voyez Nyfah, par exemple. Quand elle écrit des comm'. Bon, vous en multipliez la longueur par 10. Et en plus le contenu est sérieux. Ou alors par exemple, vous nerdez sur Youtube et là, de nulle part, sort un truc improbable.
Bref, j'ai retrouvé la motivatioune. Essentiellement parce que je suis tombée sur un truc les enfants, mais un truc... Le genre de truc qui fait que même quand t'es médiocre, le simple fait d'être chercheur, de réfléchir et de développer son esprit critique à l'extrême (parfois du ridicule), ben c'est la vie. A ma gauche, nous avons les gens, ceux qui apprennent, qui ont entendu parler de, ceux qui trouvent que c'est tabou et qu'on touche pas à ça. Puis leurs mômes. Pour qui ce sera un peu plus flou, mais toujours tabou (sauf qu'ils le savent sans pouvoir avancer avec trop de certitude des arguments). A ma droite, nous avons Jimmy, un chercheur qui a voulu présenter une thèse d'histoire du XXe siècle à l'université de Frisco. Portant sur Sobibor, Treblinka et Belzec. Un tiers de l'holocauste. C'est le titre de la thèse. Il en a fait un docu de 4 heures. Petit joueur, hein, Lanzmann, il en a fait 12 sur Shoah, mec.
Bref.
Je vous fais le résumé de ses arguments (au moins je me coucherai moins conne, j'avais jamais lu les arguments d'un négationniste, c'est chose faite) :
- Sur le plan de Treblinka on peut voir un puits à proximité des supposés charniers. Sont trop cons les gars, ils ont pas carré une seule seconde que si y avait vrrrraiment eu des fosses communes, ça aurait infecté l'eau.
- Si tu sors d'un train pour être gazé dans l'heure qui suit puis jeté dans un charnier, il est où l'intérêt trop puissant d'un rafraîchissement capillaire? Ouais ouais les mecs, c'est bien une partie de leur histoire. (je schématise pas, c'est de la version, ce que je fais, là, ndlw)
- Le gaz d'échappement est le meilleur moyen de produire du monoxyde de carbone. Enfin quand on n'est pas chimiste.
- L'holocauste a-t-il été démontré et documenté à Nuremberg? Oui. Enfin... à considérer que 20 minutes de déposition, c'est une preuve suffisamment solide pour un génocide de 1,5M de personnes.
- En regardant un modèle du type de bâtiment qui aurait servi à tuer l'équivalent de la population de San Francisco, on trouve étonnant que la porte d'entrée ne soit pas à double battant (j'vous filerai l'url si vous me croyez pas, ndlw bis)
- Les témoins de Treblinka disent quand même des trucs bizarres quand ils témoignent au US Holocaust Memorial Museum, genre les Allemands déguisaient les chambres à gaz en salon de coiffure trop sympas avec des barbiers professionnels.
- Un témoin de Tréblinka lors du procès Eichmann en 1961 a quand même dit des conneries.
- C'est un article de 1943 paru dans un journal américain qui a popularisé cette histoire d'Holocauste, inventant ce chiffre improbable de 6M de victimes, d'autant plus improbable que le prétendu fait n'était pas encore arrivé.
- Quant à ces expériences ridicules, les Allemands les auraient jamais fait. Genre l'histoire du gars qui essaie des bombes incendiaires et qui fout le feu à la forêt à côté, merci pour la tranche de rire.
- En utilisant la modélisation 3D sur le site de Treblinka, on voit bien que l'espace disponible est largement insuffisant pour enterrer tous les corps des juifs qui auraient été tués (700 000). Idem pour Belzec et Sobibor, y a même pas assez d'espace pour enterrer l'équivalent du public du Rose Bowl Stadium.
- Regardons ce noir américain qui écoute le récit de la Shoah... sans doute pense-t-il que l'esclavage dont a été victime son ancêtre n'est rien en regard de l'holocauste. A ceci près que l'esclavage, contrairement à l'holocauste, est avéré.
- Nos amis conteurs semblent avoir oublié un léger détail concernant la crémation : c'est mieux si y a un toit au-dessus, au cas où il pleuve ou il neige, par exemple, ça marcherait mieux.
- A Sobibor, certains ont essayé de creuser un tunnel, mais il n'ont pas pu aller plus profond que 5 ft., de peur de tomber sur de l'eau au-delà. Seulement les conteurs ont oublié ce détail quand ils ont dit que les fosses communes faisaient 23 ft. de profondeur.
Bon, j'ai la flemme d'aller jusqu'au bout, déjà, rien qu'avec ce que je viens de servir, j'ose à peine imaginer qui va venir ici par Google... La morale de son histoire: "c'est bien beau d'enseigner la tolérance. Mais mieux vaut s'appuyer sur de vrais exemples comme les Indiens d'Amérique, inutile d'avoir recours à des mensonges. De plus cette croyance en une chimère contribue à expliquer la politique plus qu'injuste des Etats-Unis aux Proche Orient."
Brrrrrref. Si je résume et en 3 points, pas plus pas moins.
Jimmy transpose le débat intentionnalisme/circonstancialisme à un débat négationniste (si je pige bien son argument des portes de Treblinka et du gaz d'échappement) : déjà que le premier débat est encore plus éventé que le fond de vin du Chili qui reste chez moi, je vous dis pas les ravages de sa théorie. immy, pourtant, les camps n'ont pas été prévus de toute éternité, il n'a jamais été question de ça, tu sais... Jimmy ne se doute peut-être pas que les premiers camps d'extermination étaient voués à humaniser la Solution Finale (pas pour les juifs, hein, pour les SD). Non.
Car Jimmy travaille sur du discours et des sources de seconde main (à savoir les travaux déjà publiés sur la Shoah) plutôt que sur les sources elles-mêmes. Oui, travailler à partir d'un mémorial de la Shoah en Amérique et à partir de la presse américaine intéresse plus Jimmy que sur les sources-mêmes relatives à la guerre à l'est ou à la Pologne, mais j'avoue c'est dur, et n'est pas Raoul Hilberg qui veut. Cependant, tout ça n'intéresse que très peu Jimmy, qui ne s'adresse ni à un public scientifique, ni à un public européen encore en choc post-traumatique. Non, Jimmy s'adresse à l'adolescent américain moyen. Jimmy lui parle de réalités nationales, Jimmy s'appuie sur un inconscient collectif Yankee (l'esclavage, la conquête de l'ouest, le superbowl... et ces foutus juifs qui s'immiscent dans tout ça et en font des caisses sur une prétendu extermination avec leurs mémoire à la con)
Enfin, Jimmy n'est pas un sympathisant nazi, peut-être même pas un homme d'extrême-droite. Au contraire : le discours de Jimmy est typique de ces gars qui à force d'anti-américanisme refondent le monde autour d'un Sam-Antéchrist-Superstar, une pieuvre impérialiste diaboliquement monstrueuse. Et on retrouve un discours assez classique d'amalgame anti-impérialisme US au Proche Orient comme à la maison/anti-Israel/anti-sémite. Mâtiné de "mon dieu les Indiens, qu'a-t-on fait des Indiens". Chic alors. Mais Jimmy, tu peux balancer sur les Indiens et l'esclavage, t'as le droit, hein. Ca me rappelle la phrase d'une vieille noire du sud des Etats-Unis en 1943 : "Les idées d'Hitler sont en train de nous sortir de la cuisine des Blancs". A l'exact opposé de Jimmy se trouveraient presque les discours anti-communistes qui expliquent la guerre à l'est par une peur par Hitler de Staline. Exit l'Espace Vital. Que dalle le Plan Famine. Il voulait pas tuer les Juifs, il avait peur des communistes et de la "cage au rats". Les camps n'étaient ni plus ni moins qu'une resucée des récits terrifiants de torture au goulag qu'avait entendu Adolf. Ernst Nollte dans un échange avec François Furet. Ce qui s'appelle du révisionnisme.
Aucun rapport on est d'accord.
Mais bon : se méfier des discours "anti", c'est les plus cons.
Si j'ai le courage (et quand j'aurais plus mes règles, on n'est jamais à l'abri d'une nausée) je regarderai jusqu'au bout pour voir comment il gère finalement une petite question... Ben oui, après les puits de Belzec, les portes de Treblinka, les coiffeurs de Sobibor, les 20 minutes de témoignage de Nürnberg, le bois qui moisit quand on le met pas au chaud (ça sert une formation de bûcheron, y a pas), il doit bien finir par nous dire ce qui est advenu des 700 000 juifs qui sont entrés dans ces 3 camps pour n'en pas ressortir. Mine de rien, je suis curieuse.
Et ça me rassure et je me dis que c'est quand même cool de faire de l'histoire. Tout ça en cherchant Hair sur Tutube... je me demande si c'est pas ça le plus flippant, tiens...
25 décembre 2006
He's fresh he's so fresh
Pour briller en toutes circonstances lors de vos parties de fin d'année, avec l'aimable concours de Carlton Banks...
Un style dont l'efficacité a été prouvée aussi bien sur Tom Jones que sur Gnarls Barkley ou sur les Scissor Sisters.
Tout petit, déjà, C-Banks a fait ses classes auprès des plus grands...
Pour finalement faire des émules, devenir lui-même un véritable gourou, une icône.
Alors pour les fêtes, think different, think Carlton.
Allez, en bonus, et parce que c'est Noël...
09 décembre 2006
Alors ça...
Amis de l'Histoire, de l'improbable et du kitsh, bonjour.
Depuis Alexandre, on était un peu en manque de peplum dans les salles zobscures et sombres (comme le château, où flotte l'étendard notre drapeau). En gros, c'est tarifaire, un tous les plus ou moins deux ans. En 2000, feu d'artifice, Gladiator, son oscar pour un Russel Crowe en jupette, Marc Aurèle devient le papy de Lucius Verus (alors qu'en vrai c'est son frère, mais bon), et Joaquin Phénix sauve la mise de tout le film, mais on omet de montrer Commode en train de décapiter des autruches au Cirque Maxime (détail historique vé-ri-dique). En 2003, c'était Troie, la doublure mollets de Brad Pitt, son jeu apathique, le meurtre de Ménélas devant les murailles de Troie (je m'en remets pas) et Ajax en hooligan amstellodamois. En 2005, c'était Alexandre, Angelina Jolie qui roulait les 'r', Jared Leto en gonzesse eye-linée, et néanmoins une bataille de Gaugamèles plus qu'admirable. Notre film en carton-pâte syndical est prévu pour mars 2007, s'appellera 300 et portera sur les Thermopyles.
Un beau moment devant l'Eternel : Leonidas (qui, avant d'être chocolatier, a fait roi de Sparte, comme premier boulot) et une poignée d'hommes à lui, livrent un combat qu'ils savent perdus face à l'ennemi, les Perses. Ils meurent plutôt que se rendre, c'est Sparte, c'est absolu, on aime. Ca galvanise le Grec, il butte le Perse, l'union des forces du monde libre contre l'oppresseur... Rien que d'y penser ça pourrait faire un peu peur, nan? Athènes rafle tout le prestige de la victoire.
En même temps, les Spartiates, c'est pas les plus malins de la vie. Avec leur style, il reste plus rien de Sparte et le site a même pas une étoile sur le Guide Michelin. Alors que Athènes, c'est 3, l'Acropole toute seule, c'est 3! Désolée les mecs. L'héroïsme, c'est bien beau, mais bon, voilà. A vouloir vivre à la dure, vous avez rien laissé, et c'est à la libre imagination des hommes de l'extrême occident, avec force corps bandés, hommes virils et beaux (qui se souvient de Karl dans Love Actually, le film le plus moisi de 2003?) et femmes doucereuses, sans doute (alors qu'à Sparte, les femmes, voilà, quoi, à part la belle Hélène qui s'est barrée avec Pâris tellement elle aimait pas la mode locale, en plus...). C'est certain que c'est pas sur Athènes qu'on oserait trop faire un film, hein? En même temps, le moment grand de l'héroïsme athénien, c'est le coureur de Marathon. Pas dit qu'un film sur un mec qui court à travers l'Attique, ce soit hyper vendeur. Ca a marché sur Forrest Gump aux Etats-Unis, certes, mais bon... de là à dire qu'Attique et Alabama, même combat, c'est un pas que je ne franchirai pas. Nan, en fait le seul type de péploum qu'on pourrait imaginer sur Athènes, ce serait un truc plutôt orgiaque à base d'Acropole psychédélique, de Parthénon multicolore et de fêtes baignées dans le vin, l'ivraie, la folie, la baise, la domination féminine, un peu à la Fellini... Je crois pas que les amis de Bruckheimer adhèrent des masses, ceci étant...
Bon, sur les Thermopyles, il y a donc tout à craindre et tout à espérer. En plus, l'histoire est signée Frank 'Sin City' Miller. Suis-je la seule à trouver ça bizarre?
01 décembre 2006
Pourquoi faut-il aller voir Casino Royale?
Casino Royale est un produit déclaré d'utilité publique par l'envoyé spécial B15 dépêché pour l'occasion à l'UGC Opéra (qui d'ailleurs conchie les golden boys de superette qui "se font une toile" après le boulot, sont plus grand qu'elle et remplissent la salle une demi-heure avant le début du film). Pourquoi d'utilité publique?
- Pour avoir la recette du Vesper Martini, ultra moumoute.
- Pour
entendre pour la première fois "The name is Bond, James Bond". T'as un
sourire complice, du genre 'ouaip, moi je sais qu'c'est connu, ouaip',
alors qu'en vrai finalement, 5 milliards de spectateurs auront
l'impression de faire partie des happy few (sauf peut-être ma pote
Lise, mais elle, elle vraiment aucune culture).
- Pour la partie vernis mondain aka "je suis snob et ma culture n'a
aucunes limites" : pouvoir faire un parallèle évident avec le
premier Casino Royale que tout le monde a oublié alors qu'il
est complètement fameux, avec Woody Allen dans le rôle de Jimmy Bond,
le petit frère de James, dans les années 60. Jimmy Bond, c'est l'ancêtre de Johnny English et d'Austin Powers réunis, James Bond, c'est le bad guy dans l'histoire (si ça c'est pas iconoclaste) et Le Chiffre est joué par Orson Welles. Bref, essayez de le voir il est chanmax.
Notons que ce que l'histoire ne dit pas, c'est que ce vernis culturel, 'est le fruit d'une soirée télé FR3 chez Papy et Mamie, plus que Ciné Club au cinéma Roxane de Versailles, mais bon...
Voilà donc un film qui remet à jour les codes des romans d'espionnage des années 50 et qui flattera notre érudition (parfois toute relative) sur James Bond (non non je suis pas geek) ou complètera nos lacunes dans le domaine.
Mais voilà aussi un film à très gros budget très réussi. C'est pas souvent, mais quand ça arrive, c'est orgasmique. Et c'est la preuve que les gros sous et les grosses ficelles ne sont pas nécessairement synonymes d'insulte à l'intelligence.
- Parce que le méchant, on comprend pas bien qui c'est, et d'ailleurs on
s'en fout. Et puis c'est brutal, sombre, viril, le tout assumé du début
à la fin. Et ça, ça fait penser à quoi? A un film noir des années 50
(la matrice restant Le Grand Sommeil). Et ça, ça arrache grave.
- Parce
que des combats chorégraphiés, j'en ai vus, mais une course poursuite
chorégraphiée pour se terminer par du flingage bourrin, ça c'est inédit
pour moi.
- Parce que donc, il arrive à trouver un équilibre entre
une histoire volontiers désuète par sa tonalité (après tout c'est
l'adaptation du premier roman de Ian Fleming) et la charte du James
Bond de base : gadgets de la vie, meufs de la bandaison, bagnoles qui
font vroum tout bien fort.
Niveau gadgets, c'est même tellement outré qu'on se dit qu'il doit bien y avoir du second degré. Quand même à un moment, James, il s'auto-électrochoque avec un pocket-defibrilateur, parce qu'il fait un arrêt cardiaque, puis 10 minutes après, il retourne à sa table de poker et commande un vesper martini. Nan, vraiment, ce film, il est géant!
- Parce que même le personnage de M est revisité.
- Parce que le James
Bond, il est sombre, sans complaisance, pas sympa, mais MEGASEX (ça fait un peu
compil de l'été, présenté comme ça, non? C'est bien dommage, ma foi).
Voilà un film qui saura émoustiller la gonzesse, lui redonnera un coup de fouet (si j'puis dire) et la motivation pour bosser.
- Parce que, enfin, on a un James Bond qui est au niveau de Sean Connery, pas minet, mais qui dégage du sexe comme personne. J'entends déjà les greluches : Oui mais Pierce Brosnan il était sexyyyyy.
Tu parles Charles.
Daniel Craig, c'est Jean-Michel Testostérone. Et quand il dit "because you know what I can do with my little finger", y a comme un blanc dans la salle de ciné.
Dans la tête des filles : "Wrrrtsqsttffftk".
Dans la tête des mecs : "Puuuutain il a oooooséééé trop fooooooort... Et comment qu'elle est bonnasse la Eva Green".
Et pour la première fois, j'ai compris le sens de "Ooooh Jaaaaames".
- Parce que ça nous réconcilie donc avec un personnage malmené par la mièvritude, le vide intersidéral et la facilité d'un Pierce Brosnan, où finalement les seuls intérêts étaient 1/Les James Bond Girls qui chantaient les thèmes des films (aaaah le clip de Die Another Day), 2/ Les James Bond Girls qui manipulaient un Pierce Brosnan décérébré mou du zgueg (de grandes actrices hyper sex quand même : Halle Berry, Sophie Marceau, Michelle Yeoh, fallait bien compenser l'inexistence de James). La même remarque est valable pour Roger Moore et autres Timothy Dalton. Et ça redore le blason de la série. Je sais de quoi je parle, ça fait au moins depuis Moonraker que j'ai pas regardé un James Bond parce que j'en avais envie (et pas parce que c'était ça ou Le plus grand cabaret du monde). Remarquez que quand on a vu Moonraker, on comprend pourquoi...
Ca c'était la partie greluche.
Mais à part ça, je veux pas vous raconter l'histoire, vous l'aurez compris, le nouveau James Bond, il envoie du steak, alors allez-y.
20 novembre 2006
Around their Universe
Alors pour nos compatriotes exilés en des contrées lointaines, et peu au courant des actualités électorales de la France, c'est partis les amis, résumé. Qui va être très (trop?) long.
Sont encore en lice.
Oui, je me permets de ne pas revenir sur Céline, la brune physiquement intelligente qui n'avait jamais entendu parler des Beatles (pour devenir chanteuse, c'est ballot, faut avouer) ou sur Faustine, la blonde qui chante "je ne veux pas mourir" avec un sourire "spécial dents" des plus radieux.
Cynthia. La méchante. Pourquoi? Facile. Elle est belle, bien gaulée, beaux cheveux, elle chante bien, elle danse bien. En plus, elle est pas mal dans sa peau. Ses handicaps? Un sourire de jument. Et le fait que la prod la sape en rouge vif à chaque fois. Rend agressif le rouge vif. Elle souffre du syndrome Sofia/Emilie. Bref, avec le comité critique, on a su tout de suite que ça allait chier pour elle sur les forums d'ado (le comité critique se compose de Gwen, Maman Gwen, myself, voire Mimine en special guest, pour toute réclamation, envoyer un mail à l'adresse dans la colonne de gauche, merci). Cynthia elle a fait chialer Raphie en chantant Whitney Houston. Elle gagnera pas.
Dominique-nique-nique... Oups, pardon. Quand on est fan, on dit Domi. Quand on n'est pas fan aussi d'ailleurs. Parce qu'elle a des ennemis la gazelle. Pourquoi? Facile. Elle est belle, bien gaulée, beaux tatouages, elle chante bien, elle danse bien. En plus, elle est italienne, et c'est une artiste complète, très touche à tout, elle a son univers. Comprendre : elle a jamais réussi à lancer vraiment sa carrière au pays des gnocchis, alors pourquoi pas tenter la France, n'est-ce pas. Et : elle bouffe à tous les rateliers dans l'espoir de percer un jour pour finalement ne trouver de style nulle part. Mais pour Star Ac, elle est au top. Elle a entendu la voix du showbiz guru aka Doc Gynéco : "pour percer, il faut se faire trouer" : du coup, elle crée l'ambiguïté avec le Justin Timberlake du chatal (ou plutôt le Matt Pokora ce serait plus proche de la réalité), j'ai nommé Ludovic! Et comme elle sait faire pling pling avec une guitare, c'est devenu un peu la rockeuse de service. La totale, quoi. Bravo Domi. Tu iras en finale.
Ludovic. Lui, quand on est fan, on dit Ludo. Son univers à lui, c'est le arrennebi. Enfin je crois, vu tout ce qu'on lui fait chanter depuis le début de la saison. Parce que sinon, Ludo, il a plutôt un style de premier communiant. Les prime il les fait en chandail burlington. Pour beaucoup, ça pourrait faire tendance "je fais un golf après une soirée coke-champagne", peut-être, mais lui, ça fait juste le gars qui fait des bronchites chroniques, alors bon, il se surveille. Ludo, c'est le mec à qui on a filé le duo le plus sympa du monde. Genre le gars, on lui demande de chanter Beep avec les Pussycat Dolls (donc la partie Will-I-Am, sympas les gars), ie de rapper dans une langue qu'il maîtrise aussi bien que moi le mandarin, entouré de 6 nanas dont le nom et la gestuelle évoquent des strip-teaseuses d'un casino paumé du Nevada... Ahem. Dire qu'il a rappé comme un puceau serait un doux euphémisme. Au désormais traditionnel "débrief du samedi", Raphaelle Ricci lui a suggéré que peut-être son point de regard était un peu bas. Sans rire. Ludo, c'est donc le Matt Pokora de la promo. En tous cas, c'est ce qu'on veut nous faire croire parce qu'il a le charisme et la présence d'un bernard l'ermite. Remarquez que Matt Pokora, c'est pas Usher non plus, hein... Pour les subtilités de la présence de Ludo à ce stade de la compétition, voir plus bas.
Cyril. Un peu le sosie d'un Carlton Banks sous cortizone. Le comité critique était complètement d'accord avec moi sur ce coup là. Avec une voix de chatré. La prod a cru y voir son Christophe, sa tortue, son or en barre. Un seul problème : si la tortue avait le groove inné, l'ami Carlton, c'est plutôt Céline Dion, son créneau à lui. Pour le coup, lui, il a pas du tout d'univers. Oooops... Alors la prod a tout tenté. Follasse du samedi soir façon Gloria Gaynor sur Stayin Alive, lyrisme du pauvre avec Julia Migenes sur Memory (ce qui nous a permis, avec le comité, de nous rappeler à quel point Barbra Streisand déchiquette point de vue vocal, même si on n'aime pas), du rock du vrai sur Téléphone (oui oui, vous m'avez bien lue), électro-pop avec David Guetta (vous lisez toujours bien) et j'en passe. Au final, il a toujours pas de style, mais il a bien pris 12 kilos depuis septembre. Et 30 kilos de mieux dans le melon. Mais bon, faut voir la dure réalité, gagnera pas non plus. Beh ouais. Déjà les blacks qui étaient un peu beaux (Houcine) ou carrément canons (Jean-Luc) n'y sont pas arrivés, alors je veux bien que Carlton ait un côté attachant, mais m'étonnerait que le public ait une moyenne d'âge suffisamment élevée pour se souvenir du Prince de Bel Air (écoutez les Boyz II Men, les gens, pardon, je m'oublie).
Marina. Selon une analyse toute personnelle, cette meuf, c'est le sosie de Jodie Foster jeune, vous savez, dans Taxi Driver. Le comité critique n'est pas forcément d'accord. Bon, Marina, c'est la nana sans concessions, la nana "brut de décoffrage" selon le terme consacré. Comprendre : Marina fait un 1,20m, elle a 18 ans, et plus d'amis au château. Du coup, elle bâche tout le monde, avec subversivité. Marina écrit, aussi, elle a un vrai univers. Du coup, elle bâche dans ses chansons. "Commençons par le mec viril / Je parle bien sur de Cyril / Sa voix grave et ténébreuse / Réveille nos heures un peu boudeuses"... Je vous avais prévenus, ça saigne. Boh, en fait elle est pas marrante, j'ai rien à dire dessus. Ah si. La rebelle de la promo, elle a quand même un amoureux qui s'appelle Donovan. Je parie que c'est Lefort son nom de famille. Ou Dupré. Yes, Donovan Dupré, ça me plaît.
Jean-Charles. Attention les filles, il est pour Nyfah celui-là. Imberbe, l'air d'avoir 12 ans, mais mignon au demeurant, va lui plaire, à la Nyfah. Seul souci : ses références, c'est plus Raphaël et Cali que Gainsbourg et les Velvet. Jean-Charles, c'est le mec touchant, qui a son univers. C'est aussi le gars que la prod aimerait bien dégager mais pas autant que Nicolas.
Retour sur les faits. Nicolas, c'est le veau de cette promo. Nicolas est corse. Nicolas a "une voix à la Garou". C'est-à-dire qu'il beugle à la mort au lieu de chanter. Nicolas est moche. Il a un poireau sur la joue. Oui, je sais, c'est mal de se moquer du physique, ça se fait pas et c'est injuste, gnagnagna. Bon, Nicolas, c'est l'alliance de Jean-Pascal (pour le bon goût), de Georges-Alain (pour le côté fort en gueule), et de Magalie (pour la beaufitude). Bref, vous l'aurez compris, Nicolas a tout pour déplaire à la prod et tout pour plaire au public obésophile. Lui, il est pas obèse, mais niveau intellectuel, il fait bien son quintal. C'est là que notre Alexia chérie trouve une règle fabuleuse, celle du prime où il y aura deux éliminés, un par le public, un par un '"jury composé de spécialistes" (avec le comité critique, on se demande encore pourquoi on n'a pas été contactées). Ô surprise, le jury-blabla donne la moins bonne note à Nico. Ô surprise, Nico gicle. Ô scandale, il avait du talent, c'est une manipulation, les jeux sont faits à l'avance... Ouais mais non, Nicolas quand il chantait, on aurait dit qu'il regardait un documentaire sur les poissons-chats à 6h du matin sur Arte après une soirée Infirmières à Centrale Lyon... Brrrref, pour en revenir à notre ami JC, lui aussi, il écrit. Et c'est touchant. Par exemple, il c'est le mec qui écrit une chanson hommage à son père, sauf qu'il est pas mort. C'est beau, non? Bon, vous l'aurez compris, lui, il ira pas en finale.
Résumé de la semaine.
Gael nous a quitté. Non, il est pas mort, mais au niveau de sa carrière, c'est tout comme. En gros : le garçon est parti parce qu'il aurait pas eu le droit de chanter avec les Gipsy Kings. Oh-My-God. Gael, c'était le latino du groupe. Le basque, plutôt. Ou le gitan. Bref, je sais plus trop, mais en gros, dès qu'il y a un truc vaguement en espagnol ou affilié, c'est pour notre ami Gael. Il a fait la Camisa Negra. Il a fait la Malavida. Il a fait Volare (!?). Il a même fait Hasta Siempre en levant le poing et tout. Un vrai, quoi. L'homme du Flamencopop, qu'il disait. Et le public l'aimait d'amour. Parce qu'il avait une vraie sensibilité artistique et... et...??? un vrai univers, merci de suivre. Mais quand le pauvre Gael a compris que peut-être c'était un peu truqué, il s'en est trouvé fort marri. Pas nous. C'est-à-dire que si c'est pour éviter une obèse qui chante faux en finale, on espère bien que c'est truqué. Alors le grand Gael il est parti. C'est con, parce que lui, il avait direct une place en finale, vu le taux d'humidification des dessous féminins du public à chacun de ses passages. Du coup, Ludo, le mielleux fielleux a été rappelé. Et à cause de lui, Brice est parti. D'où la théorie du complot ultime vue sur la pub pour Public dans le métro ce matin : la prod veut faire gagner Domi, Gael ça l'a saoulé grrrrrave parce qu'il a une intégrité. A toutes fins utiles, je rappelle que Nico avait dégagé après un duo fait avec Gael, et que de fait, l'homme au regard bovin avait mieux chanté que l'homme à l'oeil noir qui brille, mais ce n'est qu'un détail. Et le rappel de Ludo, c'est pour faire plaisir à Domi (et pour pas gâcher un beau prime plein d'appels parce que sinon, tintin les surtaxes sms, et ça, ce serait vraiment con). En plus, les règles sont complètement pas pareil qu'avant. Maintenant, et jusqu'aux demi-finales, tous les élèves seront nominated (wahou! c't'angoisse!) et les notes des profs ne seront plus qu'indicatives. Plus de classement, plus de nomin', plus de repêchage par les élèves, "c'est vous qui choisissez" a dit l'homme grec. Ca vous rappelle rien? Ben si, forcément, la Nouvelle Star. Sont trop forts à Endemol, ils ont fait du 2 en 1. Et ça leur permet de voir assez vite la cote de popularité des candidats et de pas montrer trop facilement qui sont leurs chouchous et qui sont ceux qu'ils veulent dégager. Pour manipuler la chose? Décidément, c'est vraiment la promo qui balance, cette année...
Mais fouck quand même, Gael et Brice, c'taient mes deux chouchous. Presque autant que Mathieu de la 4e promo (hein Nyf).
07 novembre 2006
Gunpowder, Treason and Plot
Deux mots clés sont tombés :
"Qui est Guy Fawkes sa date de naissance, de mort, etc." et
"Qu'est-ce que Guy Fawkes a voulu faire".
Donc au cas où d'autres joyeux drilles
passeraient par là (quoique bordel, le Robert 2 et l'Encyclopaedia Universalis,
c'est pas non plus complètement pour les chiens... bref).
En 1605, le jeune Guy et des
copains à lui fomentent une conspiration (d'où Plot) qui vise à faire exploser
le Parlement britannique (avec de la poudre : Gunpowder). D'où le terme de
Gunpowder Plot ou encore Bonfire Plot. Il est catholique, né en 1570 à York
(quoique ça, on s'en fout assez) et il meurt le 31 janvier 1606. C'est
couillement important qu'il soit catholique, dans le contexte d'une Angleterre
qui vient de passer anglicane depuis quelques décennies (depuis qu'Henri VIII a
décidé de faire comme Elizabeth Taylor, mais 4 siècles avant, ie. avoir autant
de femmes que de doigts de pieds). L'Angleterre devient anglicanne et
anti-catholique/anti-papiste à partir de 1531. Bref, le complot vise à buter le
Roi d'Angleterre, Jacques Ier, qui est protestant, et ses sbires (ça c'est pour
donner une tonalité dramatique, genre en vrai, Jacques Ier, c'est Darth Vader),
à un moment méga-symbolique, le jour de l'ouverture du Parlement (à
Westminster). Un semblable acte anarchiste a été commis le jour de l'ouverture
du parlement dans les années 1980, quand Lady Di est venue arborant un chignon
qui a volé la vedette à Elisabeth (et ça, putain, ça se fait pas...). Ca avait
fait un énorme scandale dans le Sun et dans le Mirror à l'époque. C'est vous dire si c'est une date importante dans le calendrier politique britannique. Bref, la
conspiration des poudres est déjouée le 5 novembre 1605, et du coup, la
monarchie britannique est considérée comme sauvée ce jour là. C'est pourquoi on
célèbre de nos jours encore le Guy Fawkes' Day en Angleterre, avec... des feux
d'artifices. On promène aussi un épouvantail qui représente Guy Fawkes dans les
rues de Londres. Par ailleurs, vous vous en doutez, le monsieur est condamné à mort : il est pendu et écartelé (mmmm...).
Voilà. Du coup, dans V for Vendetta, l'histoire de Guy Fawkes est reprise par le personnage de V, un anarchiste qui combat un régime totalitaire. V, ça fait Vendetta, mais c'est aussi le 5 romain (là vous pouvez dire ouaaaaaah, elle est foooorte virgo, elle a trop le pouvoir de la nalyse en elle, c'est trop impressionant). Le monsieur n'est plus tant l'homme qui a mis en danger la monarchie que celui qui affronte un pouvoir autoritaire au nom de la liberté. V se déguise en Guy Fawkes et fait exploser le Parlement un 5 novembre de je-sais-plus-quelle-année-dans-le-futur.
Amis de l'Histoire, bonne journée.





