22 juillet 2008
Ode à mes vêtements
En fait non. Ca fait longtemps que je publie plus trop ici. C'est naze.
Elle s'excuse.
Ce post rapport à une discussion et à un genre de reproche fait à mon endroit. Rapport aussi à ce que pas mal de gens de mon entourage pensent de moi, sans forcément me le dire. Parce que c'est pas bien grave, dans le fond.
Oui j'ai des vêtements. Bocou. Des masses. Enfin, je suis pas un dressing de magasine de mode, non plus. J'en aurais pas les moyens. Je crois que je suis assez représentative de ce que H&M, Gap, voire Uniqlo ont produit ces 2-3 dernières saisons. Donc ça va, on se calme sur la débauche modeuse, on en est loin.
Pour partir, dans 3 semaines, je me réjouis de voyager sur American Airlines qui autorise deux bagages de 24kg chacun. Ca me suffira pour emporter le nécessaire fringues/godasses/produits de beauté. Sainte trilogie devant l'éternel. Pour les produits de beauté je dois beaucoup à une certaine personne qui, en plus de me fournir de temps en temps, m'a un peu ouvert les sens. Je passe beaucoup de temps à réfléchir à mes achats vestimentaires. En témoignent mes nombreuses conversations avec mon fleuriste personnel (mon mec pour ceux qui ont perdu le cours un peu sporadique de ce blog). Une fois, je crois avoir discuté pendant 4h d'affilée du blouson de cuir que j'avais dans ma ligne de mire. Pour lui envoyer triomphante une photo de l'objet sur lequel j'allais m'arrêter.
Je passe de plus en plus de temps sur les blogs de gonzesse. Avec du détachement, certes (comment passer une journée à actualiser le forum de Caroline Daily sans détachement? je te le dis tout de suite, c'est guère possible). Blog de Betty, de Punky B, de... j'en ai des tas. J'en aime très peu: en fait, soit c'est très chouette et original (mais pas mon univers, si tu me passes l'expression, merci Nikos), soit c'est d'un manque d'originalité confondant (c'est-à-dire que j'en arrive au même résultat moi-même, alors tu m'expliques l'utilité dudit blog?). Bref, un passe temps au sens le plus caractérisé du terme, substitut à la vacuité d'émissions à la télé, en somme. Ca a des dommages collatéraux. En gros, c'est chronophage et ça se ressent dans mes conversations. Quand je suis stressée par mon boulot, plutôt qu'aller sur JStor, je vais sur Brandalley, plutôt qu'harceler l'homme à coups de formulations de phrases introductive trop sinueuse, je l'entretiens de mon incapacité à trouver le flare qui me fasse pas un gros cul (c'est mon drame: le flare me fais un cul de la taille du Brésil), quand je me demande quand j'aurai tous les papiers pour mon visa, je préfère faire les fins de soldes. Et encore, j'ai limité la casse en flippant de l'arnaque sur EBay. C'est te dire que ça pouvait être pire.
Mais le résultat c'est qu'en prenant le strict nécessaire du minimum vital, en éliminant ce que je pourrai retrouver sans mal sur l'autre continent, je pars avec 14 paires de chaussures. 14. Ouais. Et 3 piles hautes de 60 cm chacune de fringues. Tu peux compter, ça fait 1,80m. C'est plus grand que moi. Je me demande combien ça ferait en feet ricains, ça.
Alors oui. Je parle beaucoup de fringues. Certains penseront que je me suis parisianisée. Certains diront que je me suis futilisée. Pas beaucoup en fait. Le reproche de parisianisme viendra plus vite que celui de futilité, je pense. Parce que non, ça la futilité, ça gêne personne, je crois. Mais Paris, c'est le mal. Oui, j'ai des fringues que portent les parisiennes. Non, c'est pas pour leur ressembler. Oui, ça me fait marrer de m'acheter des fringues. Encore plus d'en parler. De disséquer. De disserter. En trois parties. Trois sous-parties. De noyer l'essentiel sous une combi-short ou des minnetonka. De nier la fin de mes grands parents à coup de soldes au Comptoir des Cotonniers. Tout ça existe quand-même. Je le garde au maximum pour moi, voilà tout. Oui bon, c'est vrai, j'en parle, mais imagine toi que si je parlais pas de fringues, ben ce serait grandement pire, tu te prendrais genre 8h de monologue sur la vie et l'oeuvre de mon oncle d'Algérie dans la tronche, et franchement, les conversations H&M, elles te manqueraient vachement, je te le dis... Je pense que c'est un sujet moins marrant, et surtout, si tu me critiques sur ma fringue, je m'en remettrai mieux, en fait.
Bref, sortir tout ce qu'il y a de plus galvaudé et de plus parigo-gogo pour parler de rien d'autre, et surtout pour parler pour ne rien dire. Je suis comme ça. C'est moi. Pas une passade. Moi. Je suis pas une modeuse. J'en ai pas le talent ni le premier degré, peut-être. Je suis pas une égocentrique autofascinée. La conversation fringues est pour moi ce que la conversation météo est à ma grand-mère ou au dernier lord anglais. Je n'en suis pas impersonnelle pour autant (du moins je l'espère). Mais je suis une fille à fringues parce que ça me préserve.
Mine de rien, ça m'a construit une image qui fait qu'on me méprise dans ma fac. C'est une gloire. Je sais pas trop de quoi, mais une gloire tout de même. Ca fait qu'aujourd'hui, j'ai pris cher, et ça m'a fait mal. Ca fait que peut-être d'autres amies, lectrices de ce blog, s'amusent de ce trait, et le dénigrent doucement sans trop non plus me juger, mais bon, un peu quand même. D'où : cf. supra, paragraphe précédent.
Moi, j'ai toujours été comme ça. C'est pas Paris qui m'a changé. C'est un fait. J'ai besoin de jouets pour passer le temps. J'ai besoin de palliatifs. J'ai besoin de m'aimer. Et si ça passe par des fringues à la con dont je n'aurai plus cure dans 5 mois, par un style qui me déprimera une fois partie d'ici, eh bien soit. Si je préfère parler fringues ou être "pimpante" pour créer du lien avec mes proches... ce fut le cas hier, ça le sera demain. Je préfère cependant qu'on ne me juge pas.
Merci bien.
Interactions des gens
5 pieds 10 pouces (en gros)
tu es amour, mec!
C'est amusant comme ce que tu dis est incroyablement symptomatiques des clichés qu'on doit avaler à longueur de journée. Tu ne peux être que futile et creuse ou intelligente et mal fagotée, il n'y a pas d'alternative. L'idée même qu'une personne puisse lire du Goethe et Cosmo, puisse faire de hautes études et s'intéresser aux fringues, tout ça est un non sens, au secours ! Faudrait qu'on oublie un peu l'image d'Epinal de l'intellectuel cracra qui ne pense pas à son corps tant qu'il est dans l'esprit. Mais oh, faudrait commencer à comprendre qu'on peut s'intéresser tout autant au fond qu'à la forme.
ben c'est même pas ça, c'est surtout qu'on me reproche de ne parler que de ça, alors que j'en ai pas forcément l'impression... c'est triste parce que je me sens un peu ridicule du coup...
Pour moi tu es un emblème du titre de mon blog! Autant dire que j'adore, que je partage et que j'ai envie de gueuler avec toi!
Et de toute manière même si tu emportes autant de choses rien ne t'empêchera d'acheter encore plein de choses la bas. D'ailleurs si les coupines peuvent passer commande... J'essaierai de faire des revues de presse pour que tu gardes la tendance parisienne la bas. Non mais oh!
Heu... Non, tu ne parles pas que de ça, je confirme. Même si on parle parfois et que ça fait du bien, en plus! :p
En plus, quand on sait que tu es de la génération cagoule/collant bariolé/serre-tête, on peut dire que c'est une belle revanche sur la vie.
ouah Mouf semble qu'il s'est passé moultes choses pendant l'absence cubaine ('uba)...la remise des compteurs au jus va être costaud Mouf
sinon ouais heureusement que c'est AA ta compagnie, t'eus été bien embétée et encore plus brésilienne du popotin si t'avais du mettre ne serait-ce que le quart de ton mètre 80 d'habits tous sur toi pour éviter la surtaxe, bien que ç'eut été un beau défi
à tout bietntal MeuF
Toi aussi, interagis!
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=183129&pid=10001474
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
