23 mai 2008
Louis Vuitton pour Murakami
Et pas l'inverse.
Pour revenir sur mes pérégrinations new-yorkaises et pour faire un genre de réponse au post de Nitouche de Novembre, l'insolite dans l'art, volume 2. Ou l'artistique et le cynique, volume 2.
Murakami est un genre d'artiste japonais au discours relativement simple, du genre "faire se rencontrer l'art japonais traditionnel et l'art pop japonais de la fin du XXe siècle". En d'autres termes : un mix d'estampes et de manga. Mais surtout de manga. Bref, un bon vieux pop art des familles à la sauce nippone.
Murakami a obtenu sa caution hype il y a quelques années quand il a été contacté par Marc Jacobs pour participer à la collection 200-whatever de Louis Vuitton. Vous savez les faux sacs vuitton à monogramme multicolore qu'on vend devant Tati, à Barbès? Ben ça vient de Murakami.
La preuve par l'image:
Aussi, quoi de plus normal, lors d'une rétrospective consacrée à l'oeuvre de l'artiste japonais au Brooklyn Museum, d'évoquer sa collaboration avec la franchise de luxe? Comble de la mise en scène de la collaboration entre l'art et l'objet de consommation, la salle consacrée à Vuitton n'est rien moins qu'une boutique Vuitton, insérée au beau milieu de l'exposition! Ce n'est plus l'artiste qui est au service de la boutique mais bien l'inverse.
Comme pour enfoncer le clou, Vuitton (ou Murakami, ou Marc Jacobs, allez donc savoir) a même mis en place des faux vendeurs à la sauvette vendant des (vrais) sacs monogrammés devant le Brooklyn Museum le jour du vernissage, dans un jeu subtil de récupérations et de clins d'oeil. Ainsi, au cours de l'exposition, le visiteur se trouve dans une vraie situation de passage dans une vraie boutique Vuitton et d'observation méticuleuse des produits proposés puisque c'est ce qu'il fait. Et il peut même acheter. C'est fou, l'art, des fois!
Blague à part, le côté intéressant, outre le mercantilisme quasi-putassier de la chose, c'est que ce genre d'expo pleine de couleurs et de ludisme, qui affiche son appartenance à une culture matérielle faite de goodies et de babioles, on ne peut pas s'empêcher de la visiter en se demandant ce qu'on pourra rafler à la boutique de l'expo.
Alors j'ai envie de te dire, mettre la boutique de l'expo dans l'expo, avant le panneau "sortie" c'était plutôt bien vu. Manque de bol, les goodies, on en a bof les moyens. Et pour le coup, la vraie boutique de l'expo, celle qui est après "sortie"... elle est décevante. Alors bon. Va comprendre toi, moi j'en perds mon latin.
19 mai 2008
La danse de l'été
Autres titres envisagés : "La Nouvelle Star quand ça déchirait" ou "Julien Doré tu es sex"
13 mai 2008
De l'Amérique non mondialisée
Deux-trois choses à savoir sur les CupCakes
- la première c'est qu'on appelle ça un cupcake parce que ça doit se manger avec une tasse de thé. Seulement une tasse de thé. Dans les heures qui suivent l'ingestion d'un cupcake, ne surtout pas boire d'alcool. En effet, a valeur calorique de cette chose est inversement proportionnelle à sa
valeur nutritive. Avril 2007 : je mange 2 cupcakes à 16h, je prends 2
bières à 20h, je m'endors morte bourrée devant le Rocky Horror Picture Show à 00h (après des exploits que je ne relaterai pas ici pour ne pas choquer notre public jeune). 31 octobre 2007 : je mange 2 cupcakes en creusant des citrouilles, je
prends 2 caïpirinhas dans un bar de West Village, j'acclame en me dandinant le
déguisement "Britney Spears aux VMA" dans un bar gay d'East Village.
Avril 2008 : je mange 1 cupcake à 18h sur la pelouse de Columbia, je
bois une bière dans East Village, une dans Brooklyn, et je me casse la
gueule à minuit en jouant à Guitar Hero.
CQFD.
- la deuxième c'est que c'est réellement introuvable en France, apparemment. J'ai cherché cherché cherché... visiblement, le seul endroit serait un Starbucks (mais vu la qualité des pâtisseries Starbucks, peut-on encore parler de Cupcake? J'en doute). Autant, en cherchant, on trouve des bagels à Paris. Le cheesecake, proclamé "spécialité new-yorkaise certifiée", on en trouve sans mal. A commencer par n'importe quelle boulangerie, où on nous prend de plus en plus pour des buses en nous vendant sous le label "Fraisier" rien moins que du Cheesecake. C'est un scandale, le fraisier est une réalité totalement différente, et ça me révolte. Amis gourmands, unissons-nous contre cette supercherie. Mais le cupcake... C'est la réalité américaine qui n'a jamais passé la frontière française, visiblement. Serait-ce la partie de l'Amérique qui échapperait à la mondialisation?
- la troisième, c'est que c'est un objet de fascination girly absolue. Fascination pour les couleurs, pour ce qui est niaisement sucré, pour l'inébranlable Sex and the City? Le mystère reste entier. Des blogs entiers y sont consacrés, prenant en photo les plus excentriques, sur fond de nappes à carreaux roses ou de chats en porcelaine (pour le côté Grand Mère sait faire un bon café). Concession: c'est vrai que le cupcake est terriblement photogénique (cf. infra). Le cupcake est à l'Américaine consensuelle ce que le macaron est à la modeuse/wannabe modeuse parisienne/wannabe parisienne. Si vous allez chez Ladurée à Paris, vous irez immanquablement chez Magnolia à New York. A ceci près que l'un cultive une image de marque luxe quand l'autre revendique son côté petite pâtisserie tradi de grand-mère. L'urbaine américaine a la nostalgie de sa campagne perdue, quand l'urbaine française a besoin de faire ses preuves en affirmant son identité parisienne. Connaissent-elles seulement le côté obscur et trashy de cette délicieuse petite pâtisserie (cf. supra)?
Pour finir, il s'avère que les gens n'aiment pas vraiment le cupcake. Ils trouvent ça joli, et c'est chic d'avoir quelque chose de joli à côté de son thé, mais en général, c'est considéré comme écoeurant. Sauf que moi, j'aime la crème au beurre d'amour.






