21 janvier 2008
O tempora, o mores
Fragments d'un discours amoureux, 1663.
Eprouvé par la jeune Elizabeth Holmes, 19 ans, de la part de Thomas Langhorn, 46 ans, à Cambridge, Massachusetts.
Il m'a dit qu'en général il couchait avec sa femme trois ou quatre fois dans la nuit et que quand il avait fini, il était aussi mou qu'un chiffon, et que ça prenait deux heures pour qu'il se remplisse, et qu'il y avait des veines en son arrière-train, que la semence se vidait de veine en veine jusqu'à ce que son membre soit de nouveau plein, aussi que son membre entrait jusqu'à trois mains (30 cm en gros, ndlw) dans le corps de sa femme, et il prit un bâton pour mesure et me le montra devenant plus gros et plus long en le besognant. Il me dit aussi qu'il m'apprendrait comment coucher avec mon époux que ça ne me ferait pas mal et que je devais relever mes jambes, et il me dit qu'il avait ainsi enseigné à une pucelle et qu'après son mariage, elle l'en avait remercié.
La pauvre, elle a porté plainte, elle était outrée. Langhorn s'est défendu en expliquant qu'il tenait sa science ... d'Aristote. Un champion toutes catégories du plan drague le plus minable et de l'excuse la plus foireuse, en somme.
Aristote ou pas, aujourd'hui encore, c'est une technique de drague relativement déplacée. Cela étant, je n'aurais pas saisi la justice. Non, je pense que je l'aurais diffusé sur un blog. Eh oui, autres temps, autres moeurs...
14 janvier 2008
Le cas Britney
Mots clés : "from Britney to Shitney", "Avant/Après", "apologie", "Britney, ses trucs et astuces", "Britney Goodies" (et "I love you Perez")
Aujourd'hui, dans le métro, la couverture de Public était vendeuse : la maladie mentale de Britney Spears. C'est-à-dire que depuis sa mémorable foirade aux MTV VMA, Britney a : perdu la garde de ses enfants au profit d'un pique-assiette sans avenir, rendu publique son addiction aux anti-dépresseurs, dû offrir des places de ciné gratos pour tout achat de Blackout, couché avec un des paparazzi qui la harcèle, kidnappé ses momes, été maintenue en "suicide watch" à l'hôpital, été diagnostiquée bipolaire. Sans compter qu'elle continue de rivaliser de mauvais goût vestimentaire avec Courtney Love et qu'elle persiste à penser que grimacer face à la caméra ou se promener sans culotte, toute cellulite à l'air, c'est rigolo.
Pourtant, pourtant... Britney a vachement la classe et je vous le prouve.
1 - Photoshop facile avec Britney Spears
Britney est d'utilité publique.
D'aucuns
diront que la suite créative d'Adobe est fort dure à maîtriser.
Heureusement, Britney est là depuis 2 ans pour nous donner les trucs et
astuces qui rendent l'utilisation de Photoshop plus
performante. Elle nous a montré comment masquer une acné disgrâcieuse,
comment avoir l'air enceinte et sexy, comment être fraîche comme une
rose en sortant de cure de désintox... Sa dernière innovation :
après des fêtes riches en
calories, vous vous demandez comment perdre tout votre poids. La
plupart des magasines féminins font leurs gros titres des régimes de
stars. Britney s'en fout : c'est son ordinateur qui se chargera de la faire
paraître aussi svelte qu'une oie blanche sobre et nourrie à la salade.
On comprend mieux le sens de "I'm Mrs. 'She's Too Big Now She's Too
Thin'". Merci qui?
Merci Britney!
Petite précision malgré tout : la manipulation semble
n'être possible qu'en dessous des épaules, attention à la carrure de
déménageur...
2 - Britney est un personnage intéressant
Britney est post-moderne.
Britney nous propose une réflexion intéressante sur une addiction à
l'image de soi, et sur notre propre impudence à se fasciner pour un
comportement plus autodestructeur qu'extravagant, à s'en délecter,
voire à l'admirer. Les divagations de la star sont en eux-mêmes une
forme d'expression artistique.
Plus elle tombe bas, plus on l'aime. Avant, on singeait une écolière coquine pour Mardi-Gras. L'icone d'aujourd'hui, c'est celle
qui est venue se ridiculiser devant tous ses confrères, débordant de
toutes parts d'un bikini ne l'arrangeant pas, affublée d'extensions
dont une strip teaseuse de Pigalle ne voudrait pas. En témoigne le
nombre de personnes déguisées en "Britney aux VMA" lors du dernier
Halloween, l'un d'eux a même gagné le prix du meilleur costume dans un
bar à pédés d'East Village...
3 - Becoming Mrs 'Lifestyle of the Rich and Famous'
Avant tout, Britney, à ses débuts, c'était ça:
Avec les danseurs qui forment un coeur, le regard de chien battu, un timide petit nombril, l'amour à la plage...
Maintenant, Britney, c'est ça:
Comme le souligne, à fort juste titre, Kingbibine, futur recalé au BEPC de son état: "malgré tou ce qon peu dire sur britnet cette ziq c une turie".
La dépression de la demoiselle est sans doute la meilleure chose qui lui soit arrivée artistiquement. Je m'emballe peut-être mais cet autobiographisme lui va à ravir. On y voit tout le jeu de fascination/répulsion à l'oeuvre entre l'opinion publique, les paparazzi, et Britney (jeu déjà présent dans Gimme More). Du reste, les qualités vocales de la demoiselle ayant sévèrement décliné depuis quelques hectolitres de bière, 500 cartouches de clopes, et on ne sait trop quelles autres substances plus ou moins licites, la vedette est donnée aux arrangements sonores et à la production, Britney Spears devenant elle-même plus un symbole qu'une interprète. Pour notre plus grand plaisir. Britney n'a plus de voix, on lui fait des effets artificiels de robot, mais la qualité de la production est à la hauteur du phénomène que représente désormais la star.
Le problème étant que la seconde meilleure chose qui puisse arriver à Britney Spears serait son suicide ou sa mort tragique dans un quelconque accident lié à son mal-être ou au harcèlement dont elle est victime...
Deux attitudes à adopter :
- la posture dite "cynico-sordide", ou comment gagner facilement et à peu de frais une PS3 grâce à ce sympathique site web :
http://www.whenisbritneygoingtodie.com/
- la posture dite "cynico-affectueuse". Voici votre prochain achat si, comme moi, vous pensez qu'avant tout, cette brave jeune fille, elle a grandi avec nous, et que vous pouvez pas vous empêcher d'avoir malgré tout un petit sentiment de familiarité avec elle...
La question que je me pose est de savoir si avoir ce t-shirt, c'est témoigner une certaine compassion ou exhiber cette fascination pour une descente aux Enfers qu'on souhaiterait voir aller plus loin, pour le panache (décidément, bravo Britney):
Après, vous pouvez vous en foutre aussi...


