12 janvier 2007
Gimme a head with hair...
Bon, depuis mon post moisi de cette nuit que j'ai même pas pu effacer pour cause de boug d'internet, je me suis calmée. Et puis ça permet de vivre des expériences du paranormal. Vous voyez Nyfah, par exemple. Quand elle écrit des comm'. Bon, vous en multipliez la longueur par 10. Et en plus le contenu est sérieux. Ou alors par exemple, vous nerdez sur Youtube et là, de nulle part, sort un truc improbable.
Bref, j'ai retrouvé la motivatioune. Essentiellement parce que je suis tombée sur un truc les enfants, mais un truc... Le genre de truc qui fait que même quand t'es médiocre, le simple fait d'être chercheur, de réfléchir et de développer son esprit critique à l'extrême (parfois du ridicule), ben c'est la vie. A ma gauche, nous avons les gens, ceux qui apprennent, qui ont entendu parler de, ceux qui trouvent que c'est tabou et qu'on touche pas à ça. Puis leurs mômes. Pour qui ce sera un peu plus flou, mais toujours tabou (sauf qu'ils le savent sans pouvoir avancer avec trop de certitude des arguments). A ma droite, nous avons Jimmy, un chercheur qui a voulu présenter une thèse d'histoire du XXe siècle à l'université de Frisco. Portant sur Sobibor, Treblinka et Belzec. Un tiers de l'holocauste. C'est le titre de la thèse. Il en a fait un docu de 4 heures. Petit joueur, hein, Lanzmann, il en a fait 12 sur Shoah, mec.
Bref.
Je vous fais le résumé de ses arguments (au moins je me coucherai moins conne, j'avais jamais lu les arguments d'un négationniste, c'est chose faite) :
- Sur le plan de Treblinka on peut voir un puits à proximité des supposés charniers. Sont trop cons les gars, ils ont pas carré une seule seconde que si y avait vrrrraiment eu des fosses communes, ça aurait infecté l'eau.
- Si tu sors d'un train pour être gazé dans l'heure qui suit puis jeté dans un charnier, il est où l'intérêt trop puissant d'un rafraîchissement capillaire? Ouais ouais les mecs, c'est bien une partie de leur histoire. (je schématise pas, c'est de la version, ce que je fais, là, ndlw)
- Le gaz d'échappement est le meilleur moyen de produire du monoxyde de carbone. Enfin quand on n'est pas chimiste.
- L'holocauste a-t-il été démontré et documenté à Nuremberg? Oui. Enfin... à considérer que 20 minutes de déposition, c'est une preuve suffisamment solide pour un génocide de 1,5M de personnes.
- En regardant un modèle du type de bâtiment qui aurait servi à tuer l'équivalent de la population de San Francisco, on trouve étonnant que la porte d'entrée ne soit pas à double battant (j'vous filerai l'url si vous me croyez pas, ndlw bis)
- Les témoins de Treblinka disent quand même des trucs bizarres quand ils témoignent au US Holocaust Memorial Museum, genre les Allemands déguisaient les chambres à gaz en salon de coiffure trop sympas avec des barbiers professionnels.
- Un témoin de Tréblinka lors du procès Eichmann en 1961 a quand même dit des conneries.
- C'est un article de 1943 paru dans un journal américain qui a popularisé cette histoire d'Holocauste, inventant ce chiffre improbable de 6M de victimes, d'autant plus improbable que le prétendu fait n'était pas encore arrivé.
- Quant à ces expériences ridicules, les Allemands les auraient jamais fait. Genre l'histoire du gars qui essaie des bombes incendiaires et qui fout le feu à la forêt à côté, merci pour la tranche de rire.
- En utilisant la modélisation 3D sur le site de Treblinka, on voit bien que l'espace disponible est largement insuffisant pour enterrer tous les corps des juifs qui auraient été tués (700 000). Idem pour Belzec et Sobibor, y a même pas assez d'espace pour enterrer l'équivalent du public du Rose Bowl Stadium.
- Regardons ce noir américain qui écoute le récit de la Shoah... sans doute pense-t-il que l'esclavage dont a été victime son ancêtre n'est rien en regard de l'holocauste. A ceci près que l'esclavage, contrairement à l'holocauste, est avéré.
- Nos amis conteurs semblent avoir oublié un léger détail concernant la crémation : c'est mieux si y a un toit au-dessus, au cas où il pleuve ou il neige, par exemple, ça marcherait mieux.
- A Sobibor, certains ont essayé de creuser un tunnel, mais il n'ont pas pu aller plus profond que 5 ft., de peur de tomber sur de l'eau au-delà. Seulement les conteurs ont oublié ce détail quand ils ont dit que les fosses communes faisaient 23 ft. de profondeur.
Bon, j'ai la flemme d'aller jusqu'au bout, déjà, rien qu'avec ce que je viens de servir, j'ose à peine imaginer qui va venir ici par Google... La morale de son histoire: "c'est bien beau d'enseigner la tolérance. Mais mieux vaut s'appuyer sur de vrais exemples comme les Indiens d'Amérique, inutile d'avoir recours à des mensonges. De plus cette croyance en une chimère contribue à expliquer la politique plus qu'injuste des Etats-Unis aux Proche Orient."
Brrrrrref. Si je résume et en 3 points, pas plus pas moins.
Jimmy transpose le débat intentionnalisme/circonstancialisme à un débat négationniste (si je pige bien son argument des portes de Treblinka et du gaz d'échappement) : déjà que le premier débat est encore plus éventé que le fond de vin du Chili qui reste chez moi, je vous dis pas les ravages de sa théorie. immy, pourtant, les camps n'ont pas été prévus de toute éternité, il n'a jamais été question de ça, tu sais... Jimmy ne se doute peut-être pas que les premiers camps d'extermination étaient voués à humaniser la Solution Finale (pas pour les juifs, hein, pour les SD). Non.
Car Jimmy travaille sur du discours et des sources de seconde main (à savoir les travaux déjà publiés sur la Shoah) plutôt que sur les sources elles-mêmes. Oui, travailler à partir d'un mémorial de la Shoah en Amérique et à partir de la presse américaine intéresse plus Jimmy que sur les sources-mêmes relatives à la guerre à l'est ou à la Pologne, mais j'avoue c'est dur, et n'est pas Raoul Hilberg qui veut. Cependant, tout ça n'intéresse que très peu Jimmy, qui ne s'adresse ni à un public scientifique, ni à un public européen encore en choc post-traumatique. Non, Jimmy s'adresse à l'adolescent américain moyen. Jimmy lui parle de réalités nationales, Jimmy s'appuie sur un inconscient collectif Yankee (l'esclavage, la conquête de l'ouest, le superbowl... et ces foutus juifs qui s'immiscent dans tout ça et en font des caisses sur une prétendu extermination avec leurs mémoire à la con)
Enfin, Jimmy n'est pas un sympathisant nazi, peut-être même pas un homme d'extrême-droite. Au contraire : le discours de Jimmy est typique de ces gars qui à force d'anti-américanisme refondent le monde autour d'un Sam-Antéchrist-Superstar, une pieuvre impérialiste diaboliquement monstrueuse. Et on retrouve un discours assez classique d'amalgame anti-impérialisme US au Proche Orient comme à la maison/anti-Israel/anti-sémite. Mâtiné de "mon dieu les Indiens, qu'a-t-on fait des Indiens". Chic alors. Mais Jimmy, tu peux balancer sur les Indiens et l'esclavage, t'as le droit, hein. Ca me rappelle la phrase d'une vieille noire du sud des Etats-Unis en 1943 : "Les idées d'Hitler sont en train de nous sortir de la cuisine des Blancs". A l'exact opposé de Jimmy se trouveraient presque les discours anti-communistes qui expliquent la guerre à l'est par une peur par Hitler de Staline. Exit l'Espace Vital. Que dalle le Plan Famine. Il voulait pas tuer les Juifs, il avait peur des communistes et de la "cage au rats". Les camps n'étaient ni plus ni moins qu'une resucée des récits terrifiants de torture au goulag qu'avait entendu Adolf. Ernst Nollte dans un échange avec François Furet. Ce qui s'appelle du révisionnisme.
Aucun rapport on est d'accord.
Mais bon : se méfier des discours "anti", c'est les plus cons.
Si j'ai le courage (et quand j'aurais plus mes règles, on n'est jamais à l'abri d'une nausée) je regarderai jusqu'au bout pour voir comment il gère finalement une petite question... Ben oui, après les puits de Belzec, les portes de Treblinka, les coiffeurs de Sobibor, les 20 minutes de témoignage de Nürnberg, le bois qui moisit quand on le met pas au chaud (ça sert une formation de bûcheron, y a pas), il doit bien finir par nous dire ce qui est advenu des 700 000 juifs qui sont entrés dans ces 3 camps pour n'en pas ressortir. Mine de rien, je suis curieuse.
Et ça me rassure et je me dis que c'est quand même cool de faire de l'histoire. Tout ça en cherchant Hair sur Tutube... je me demande si c'est pas ça le plus flippant, tiens...